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Témoignage Marité Colpart

 

 

Quel déplacement s’est opéré en moi depuis Diaconia ?

 

Le déplacement s’est opéré en plusieurs temps :

  • il y a eu l’avant Lourdes : l’expérience de la rencontre, celle là même à laquelle le pape François ne cesse de nous inviter. Appelée comme déléguée de mon doyenné avec Jean Pierre, nous nous sommes de fait rapprocher du terrain : le terrain plus large que la paroisse mais en ce qui me concerne plus réduit que le diocèse. Une expérience de retour à la fontaine du village, selon l’expression préférée de notre doyen Adam. Je ne vais pas m’étendre la dessus mais, pour insuffler le souffle de Diaconia, nous avons préparé et proposé une soirée de la fraternité en doyenné… juste pour la rencontre : rencontrer ensemble le Christ et nous rencontrer les uns et les autres parce que « là où vivent des Chrétiens qui se reconnaissent mutuellement, là est l’Eglise, là est le Christ. Une soirée où on ne se choisit pas et où chacun est appelé à regarder l’autre comme celui que Dieu nous donne, comme frère, avec ses qualités, sa capacité d’initiative, son espérance.. pour les mettre au service du bien de tous. A cette soirée, il n’y avait pas que des chrétiens habitués à fréquenter la paroisse, mais aussi des gens qui sont venus… pour voir…

 

  • Il y a eu Lourdes : un temps fort, très fort même qui m’a permis très concrètement de faire l’expérience de cette fraternité qui prend racine dans le Christ et donne des ailes. Bras dessous, bras dessus avec des personnes ayant du mal  à marcher, des personnes qui n’avaient jamais mis les pieds à Lourdes et pour certaines, n’avaient jamais vu le bout de leur département. Un temps pour se coltiner à la réalité concrète « d’être avec ». Et ça change tout !  Si il y a une chose qui s’est vraiment confirmé chez moi grâce aux témoignages que j’ai entendus, grâce aux personnes que j’ai eu la chance de rencontrer, c’est que pour vivre ensemble, il faut avant tout cheminer avec… être avec… A Lourdes, les générations étaient confondues, même si les jeunes ont eu des temps pour eux, mais on ne sentait pas de barrière. Il me semble que nous avons tous à rendre poreux les cadres qui, dans notre société, empêchent les gens de se parler, de se voir, de se toucher même. Et cultiver le mot « AVEC »… Exemple tout simple : à Lourdes, les prières universelles étaient toutes exprimées de cette manière : prions avec et pour… et ça change tout !

 

  • Au retour de Lourdes, tout le monde a dit : « il faut rendre devenir contagieux de fraternité ». Pourquoi ? parce que les personnes qui ont vu ici même les 200 délégués au retour de Lourdes ont vu de la joie, de l’amitié, ça pétillait !!! et ça donne envie… forcément. Facile à dire mais comment respirer la fraternité dans nos familles d’abord… dans nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail… notre Eglise ?

 

  • Il nous faut cultiver la culture de la rencontre comme nous le répète souvent le Pape François. Et puis surtout, donner la parole à ceux qui n’ont pas beaucoup l’occasion de la prendre. Un exemple : ici même mardi dernier, une soirée sur « la génération Y modes d’emploi ». Qui d’autres que des jeunes de 18 – 30 ans pour parler de leur propre génération ? La parole a été donnée à des jeunes du secteur de Condé (JOC) et à une jeune animatrice en pastorale de 30 ans… Le déplacement qui s’est opéré en moi ou plus exactement qui s’est confirmé c’est cela. Rencontrons les gens mais donnons leur aussi la parole. Il n’y a pas beaucoup de lieux où des jeunes de la JOC en quartiers populaires comme on dit, qui galèrent de stage en stage, de CDD en CDD et qui finissent pas se dire «  je dois être con puisque tout le monde me le dit, même à la mission locale ! »… pas beaucoup de lieux où ces jeunes peuvent s’exprimer, se sentir quelqu’un et importants pour d’autres… parce qu’ils ont  à cœur d’aider des plus jeunes qu’eux. Pas beaucoup de lieux où ils peuvent se coltiner avec d’autres qui vivent autre chose, autrement. L’Eglise, à travers des mouvements, des groupes est un de ces rares lieux où on peut sortir des cadres où ils sont enfermés. Je pense que j’ai à privilégier cela. Oser !

 

 

- pour oser j’ai besoin des autres, de vous, de l’Eglise Je ne peux pas servir toute seule, sinon, je ne tiendrai pas très longtemps. J’ai besoin des autres pour être relancée, titillée ! j’ai besoin qu’on me demande en permanence, à l’image de Sœur Emmanuelle « qu’as-tu fait pour ton frère aujourd’hui ? ». Pour moi c’est cela une Eglise au service, une Eglise servante.

Article publié par Cathocambrai • Publié Dimanche 24 novembre 2013 - 12h01 • 1332 visites

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